Vivre en colocation: « Les bons comptes font les bons amis »

le

Depuis le 5 septembre dernier, Charlotte, Marijn, Jorik et Leen vivent à quatre sous le même toit : ils ont décidé de vivre en colocation.  Ils ont dû se mettre d’accord sur différents points. Mais comment s’y sont-ils pris ?  

Louer son propre studio ou appartement quand on commence tout juste à travailler représente une dépense considérable. De plus en plus de jeunes dans la vingtaine décident dès lors de créer des colocations : ils louent une maison ou un appartement où ils vivent ensemble. Lorsqu’on peut partager le loyer, se loger devient tout de suite plus abordable et on en a plus pour son argent : plus de surface, un jardin…  Il est aussi agréable de ne pas se retrouver seul le soir, en particulier en cette période de coronavirus.

Les avantages sont donc légion, mais il faut tout de même noter que la colocation entraîne certaines conséquences juridiques et fiscales. Charlotte, Marijn, Jorik et Leen ont sciemment opté pour cette formule. Après avoir obtenu leur diplôme cette année, tous les quatre étaient habitués à vivre en kot. Il fallait prendre une décision : retourner chez les parents ou vivre seul(e) ? Ils ont préféré cohabiter !

Vous connaissiez-vous déjà ?

Jorik : « Pas vraiment, mais nous avions quelques liens : je suis une fois parti en camp avec Charlotte, j’ai fait la connaissance de Marijn par son intermédiaire et j’ai fait mon bachelier de bioingénieur avec Leen. Charlotte et Marijn ne connaissaient donc pas encore Leen. » 

Charlotte : « Nous ne nous sommes vus pour la première fois qu’à la signature du contrat. À cause du coronavirus, les choses n’étaient pas si simples : nous ne pouvions visiter la maison qu’à deux et il ne fallait pas traîner à se décider, car il y avait beaucoup d’intéressés. Nous sommes aussi allés signer pendant les examens, ça a été réglé assez rapidement. Il a donc fallu sauter le pas, oui. Nous avons tous les quatre signé le contrat en faisant confiance aux autres. »

Vous avez signé tous les quatre ?

Charlotte : « Oui, c’est très important quand vous décidez de faire une colocation. Tant que l’un d’entre nous vit ici, notre contrat ne peut être résilié. Si l’un de nous déménage, nous pouvons ajouter un nouveau locataire au contrat, mais cela coûte 75 euros. Cela signifie aussi que nous sommes tous les quatre civilement responsables en tant que locataires. » 

Combien de temps prévoyez-vous de vivre ici ensemble ?

Jorik : « Leen et moi commençons notre doctorat, nous y resterons donc quatre ans quoi qu’il arrive. »

Marijn : « Je ne me suis pas vraiment fixé d’échéance. »

Charlotte : « Je ne sais pas ce que la vie me réserve, mais je pense rester ici certainement deux ou trois ans. »  

Pensez-vous pouvoir trouver facilement un nouveau colocataire si nécessaire ?

Charlotte : « Sur Facebook, il y a des groupes de colocation qui vous permettent de trouver quelqu’un. C’est vraiment une tendance qui a le vent en poupe. »

Leen : « Je pense même qu’on peut facilement trouver quelqu’un par le simple biais de nos connaissances. » 

Vous êtes-vous au préalable mis d’accord sur certains points ?

Leen : « Non, nous n’en avons pas encore eu le temps. Nous ne cohabitons que depuis une semaine. Les désaccords finiront par arriver, c’est normal. Nous devons simplement en discuter et ne pas garder pour soi ce qui ne va pas. Quand il y a un problème, il faut le dire, je trouve que ça va de soi. »

Avez-vous signé un pacte de colocation entre vous ?

Charlotte : « Non, mais nous devrions le faire pour consigner les accords que nous avons passés oralement. On peut donc l’ajouter à la liste de toutes les choses que nous devons encore régler. C’est bien de dresser par écrit la liste de ces accords pour qu’ils soient clairs pour tout le monde. »  

Comment gérez-vous les finances ? Avez-vous un compte commun ?

Jorik : « Non, nous n’en avons pour l’instant pas. J’ai un compte sur lequel tout le monde verse l’argent et je paie le loyer et les charges. Le but est aussi de régler les dépenses communes depuis ce compte. La caution a également été divisée en quatre parts égales. Pour l’instant, nous payons chacun 400 euros par mois : le loyer s’élève à 1 350 euros et il faut y ajouter les charges, on arrive donc à ce montant. C’est assez peu ici à Louvain pour ce que nous avons en échange : chacun notre chambre, une salle de bains et une cuisine communes et un jardin. Pour un seul ménage, c’est bien entendu cher, mais comme nous pouvons diviser les frais en quatre, c’est plus avantageux. Pour le moment, nous partageons les autres dépenses via l’application Splitwise. »   

Partager la cuisine, la salle de bains, le séjour : avez-vous suffisamment d’intimité ?

Jorik : « Je n’aime pas être seul. Et quand on vit seul, il est beaucoup plus compliqué de voir des gens en dehors du travail, en particulier en période de coronavirus. Ici, nous allons vraiment vivre ensemble : nous cuisinons et mangeons ensemble. »  

Leen : « Après avoir passé deux ans toute seule en kot, cet aspect social est aussi essentiel à mes yeux. »

Jorik : « Nous étions tous en kot, nous avons donc l’habitude de vivre et de cuisiner ensemble. Dans mon ancien kot, je devais partager une douche avec sept personnes, maintenant on n’est plus que quatre : j’y gagne au change. »

La colocation est-il un état d’esprit ?

Charlotte : « Je pense que oui. Il faut pouvoir supporter que d’autres personnes utilisent vos affaires et se trouvent dans la même pièce que vous au même moment. Il faut être un peu plus tolérant et surtout suffisamment sociable afin de pouvoir aussi dire ce qui vous dérange. »

Leen : « Est-ce que ça va me manquer d’avoir mon propre living et ma propre salle de bains ? On verra bien comment ça se passe. Si on n’essaie pas, on ne peut pas le savoir. En ce qui me concerne, c’est un choix positif. »  

5 conseils à retenir pour des colocataires

1. Passez des accords clairs.

2.  Signez tous le contrat de location.

3. Consignez vos accords dans un pacte de colocation.

4. Informez-vous des conséquences juridiques et fiscales.

5. Déterminez clairement ce que vous payez ensemble.

Bon à savoir

Depuis septembre 2018, des règles particulières pour les baux de colocation s’ajoutent à celles qui sont générales aux baux d’habitations. Ces règles diffèrent d’une Région à l’autre. Un seul contrat de bail est à conclure entre tous les locataires et le bailleur. Il devra néanmoins être rédigé, au minimum, en autant d’exemplaires que de parties, chacun devra apposer sa signature et garder un exemplaire en sa possession.


Une autre nouveauté concerne le pacte de colocation. Il s’agit d’un guide entre colocataires qui établit les règles de vie en communauté.
Quelles sont les informations qu’il doit obligatoirement contenir ?
• La répartition du loyer et des charges ;
• un inventaire des meubles ;
• les conditions de constitution et de libération de la garantie locative ;
• les modalités de conclusion des contrats d’assurance relatifs au logement loué dont l’assurance incendie ;
• les modalités d’arrivée, de départ et de remplacement d’un colocataire ;
• les entretiens et réparations (uniquement pour Bruxelles) ;
• la ventilation des dégâts locatifs et leur imputation sur la garantie locative dans l’hypothèse de dégâts occasionnés par un ou plusieurs colocataires distinguables de l’ensemble du groupe qu’ils forment (uniquement pour Bruxelles) ;
• les modalités des contrats d’approvisionnement en eau, gaz, électricité, internet (uniquement pour la Wallonie) ;
• les modalités de résolution des conflits entre les colocataires (uniquement pour la Wallonie
Vous êtes libre d’ajouter d’autres aspects de la vie communautaire comme par exemple une clause permettant ou non la présence d’animaux.

Avant de signer votre bail, assurez-vous d’avoir reçu toutes les informations de votre bailleur à propos du montant du loyer et des charges, l’existence ou non de compteurs individuels pour l’eau, le gaz et l’électricité, le certificat énergétique (PEB), et la présence ou non d’un syndic si vous louez un appartement. Être pleinement informé vous évitera les mauvaises surprises.

Laisser un commentaire