Gaëlle et Margaux viennent de créer leur marque: « Pour se lancer, vous avez surtout besoin de courage »

Crédit: Thomas De Boever

Gaëlle Codron (31 ans) et Margaux De Coninck (24 ans) vivent des moments passionnants. Fin 2019, elles ont lancé leur marque textile écologique « Become » et depuis quelques semaines, leur collection est en vente en ligne et dans certaines boutiques. « Quand vous vous lancez comme entrepreneur, vous avez surtout besoin de courage ».

L’idée

Grands fans de voyages, Gaëlle et son mari ont été confrontés ces dernières années à une importante pollution environnementale aux 4 coins de la planète. « Même dans des îles idylliques comme les Maldives, nous avons dû plonger au milieu de tas de plastique. Ce qui m’a incité à faire quelque chose pour protéger la nature et les animaux », explique Gaëlle.

C’est à ce moment-là que Margaux croise par hasard son chemin. « On dirait que nous nous connaissons depuis des siècles, mais en fait, cela ne fait qu’un an », s’amuse Margaux. « Je suis une ancienne collègue du mari de Gaëlle et il nous a présentées. Cela a toute de suite bien marché entre nous. Quand Gaëlle m’a parlé de son idée de créer une marque écologique pour des maillots de bain et des accessoires, j’étais toute de suite partante ».

Les deux femmes font un brainstorming et le concept de leur marque « Become » prend forme. Leur marque combine des produits de qualité et respectueux de l’environnement avec un style « feel good ». « Nous attirons l’attention sur les questions environnementales mais de manière ludique et plus légère, sans taper sur les doigts des gens. Nous voulons que les gens se sentent bien quand ils portent ou utilisent nos produits, parce qu’ils sont confortables et qu’en plus ils contribuent à un monde meilleur », explique Margaux.

« Notre collection de maillots de bain et de sacs est entièrement fabriquée à partir de bouteilles en plastique recyclées. Nous avons également une gamme d’essuies fabriqués à partir de bambou durable ».

Une fois les contours de « Become » définis, Gaëlle et Margaux ont élaboré un business plan. Elle l’ont fait avec leur bon sens, même si elles pouvaient toutes les deux compter sur une formation en mangement et une bonne expérience professionnelle en marketing.

En novembre 2019, Gaëlle et Margaux se rendent chez le notaire pour signer l’acte de constitution de leur entreprise, la Société à Responsabilité Limitée (SRL) Become. « Le notaire nous a bien aidés », explique Margaux. « Nous avons conclu des accords avec lesquels nous nous sentons bien toutes les deux ».

Pour réduire les coûts, Gaëlle et Margaux travaillent dans la maison de Gaëlle. « Nous avons transformé une chambre en bureau et la chambre d’amis sert d’espace de rangement ». Quasiment tout est fait par les deux amies elles-mêmes : conception des patrons, réalisation du catalogue, lancement du site web,… « Nous nous complétons parfaitement. Gaëlle est très forte pour l’organisation. Elle est le point de contact pour les fournisseurs, alors que moi je m’occupe principalement de la partie graphique et de la recherche et de la visite des clients ».

Campagne de crowdfunding

Les 2 amies lancent en décembre 2019 une campagne de crowdfunding via la plateforme Kickstarter. Malheureusement sans succès. « Il y a quelques années ça aurait pu fonctionner, mais aujourd’hui il y a tellement de projets sur cette plateforme… Je pense que le crowdfunding marche pour les projets d’innovation technologique mais plus pour des initiatives comme la nôtre », analyse Gaëlle. Margaux et Gaëlle ne se laissent pas abattre et décider de lancer l’entreprise avec leur propre capital.

« Notre plus grande inquiétude aujourd’hui est de ne pas pouvoir élargir notre gamme par manque d’argent. Par exemple, nous ne proposons que des shorts de bain en deux couleurs, alors que les magasins préfèrent les proposer dans le plus grand nombre de couleurs possible. Autre exemple : après de longues négociations avec le fabricant, nous avons convenu qu’il suffisait d’acheter 250 sacs par commande. Cela peut sembler peu, mais pour nous, c’est un investissement sérieux. En plus, nous devons également prévoir un espace de stockage suffisant ».

Crédit: Thomas De Boever

En plus de l’aspect financier, les 2 amies se préoccupent aussi de l’aspect écologique. « En tant que marque durable, nous ne voulons pas surproduire. Le mieux est de regrouper nos commandes et de les passer toutes en même temps auprès de notre fournisseur. Cela permet d’économiser des trajets. Le problème est que les clients ne veulent pas attendre des semaines pour leur achat. Une autre question que nous nous posons : est-il vraiment nécessaire de lancer une nouvelle collection chaque année ? Si un modèle est bon, pourquoi devoir en inventer 5 nouveaux ? Ce sont toutes des questions auxquelles nous devons encore répondre »

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Même si Gaëlle et Margaux sont soutenus par leur conjoint respectif, leurs compagnons ont un peu peur. « Mon mari souhaite avant tout une situation stable et des résultats rapides. Margaux et moi avons échangé un emploi bien rémunéré contre une vie avec beaucoup d’incertitudes et nous n’avons plus beaucoup de marge », dit Gaëlle.

Travailler à nouveau pour un employeur est la pire chose qui puisse arriver à toutes les 2. « Au cours des trois derniers mois, j’ai plus appris que pendant les trois dernières années avec mon chef », poursuit-elle. « Je ne pourrais plus m’épanouir dans une structure d’entreprise lourde avec une hiérarchie parmi les employés. Sans parler des nombreuses réunions inutiles ».

« Je suis toujours étonnée de l’efficacité avec laquelle Gaëlle travaille », dit Margaux. « Elle dit souvent : Nous n’avons pas à réinventer l’eau chaude, nous devons juste savoir comment ouvrir le robinet (rires). Nous sommes fières de ce que nous avons déjà accompli en quelques mois à peine. Nous ne pensons pas encore à ce qui se passera si nous échouons. Nous mettons tout en œuvre pour que cela fonctionne. Nous recherchons des distributeurs qui veulent nous rejoindre et osent faire le pas. Nous visons surtout les meilleurs boutiques de lingeries et les boutiques d’enfants ou les chouettes concept-stores ».

Photo: Thomas De Boever

Gaëlle : « Notre rêve est que les gens aillent au magasin et posent des questions sur notre marque. Nous voulons devenir une valeur connue dans la niche des maillots de bain ».

« Et nous rêvons en grand », dit Margaux, « à terme, nous voulons avoir notre propre atelier avec des couturières pour fabriquer nos produits ici en Belgique. Pour l’instant, cela se passe encore en Extrême-Orient. Cependant, nous ne travaillons qu’avec des fournisseurs qui peuvent prouver que nos produits sont fabriqués dans de bonnes conditions et que les employés sont bien traités. Cela fait également partie de notre vision de la durabilité ».

Texte : Bo Bogaert

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