« Mes parents sont désormais sereins grâce au mandat de protection extrajudiciaire »

Crédit: Jan Crab

Patrick Sandra (57 ans) gérait déjà les comptes de ses parents. Il ne lui restait donc pas grand-chose à faire pour officialiser cette responsabilité. Il a obtenu un mandat de protection extrajudiciaire pour ses parents et son frère.

« J’ai toujours eu de bonnes relations avec mes parents », se réjouit Patrick. « Mais ils vieillissent et ont besoin d’un peu plus d’aide. Ils n’envisageaient pas d’effectuer leurs opérations bancaires en ligne, par exemple, mais se rendre régulièrement à la banque n’était pas possible non plus. C’est la raison pour laquelle je gère leurs comptes depuis plusieurs années maintenant. Nous avons, par ailleurs, officialisé cette responsabilité par le biais d’un mandat de protection extrajudiciaire. »

Comment s’est déroulé l’établissement du mandat extrajudiciaire ?

« Nous avons fait acter chez le notaire les décisions financières que je serai autorisé à prendre lorsque mes parents ne seront plus en mesure de le faire. Ils ont, entre-temps, vendu leur maison à mon frère : je n’aurai plus à m’en soucier à l’avenir. Mes parents jouissent désormais d’une précieuse sérénité. Tout a été pris en charge pour nous : le notaire nous a donné des conseils clairs, nous a aidés à rédiger le mandat et l’a enregistrée dans le Registre central des contrats de mandat. En bref, il nous a guidés tout au long du processus. Je peux d’ailleurs aujourd’hui toujours l’appeler pour lui poser des questions à ce sujet. »

Vous n’avez pas seulement obtenu ce mandat extrajudiciaire pour vos parents.

« Le mandat concerne aussi mon frère : tout comme mes parents, il aime savoir que certains points concrets sont déjà réglés pour plus tard. Je suis heureux que mes responsabilités aient été officialisées. J’ai deux sœurs en plus de mon frère. Elles se réjouissent que je m’occupe de mes parents et de mon frère, mais personne ne sait ce que l’avenir nous réserve. S’il devait y avoir débat, je pourrais toujours me référer au mandat extrajudiciaire. »

Un mandat extrajudiciaire va toujours de pair avec une perte d’indépendance, aujourd’hui ou demain, pour celui qui le donne. A-t-il été difficile pour vos parents d’établir ce mandat ?

« Cette démarche a surtout été difficile pour ma mère. Vous préparez la prochaine étape, en fait. Je m’attendais à plus de résistance de la part de mon père. Il a toute sa vie été reconnu pour sa ténacité et sa difficulté à lâcher prise. Au début, l’idée ne lui plaisait pas, mais il s’est rendu compte par lui-même qu’il déclinait. Le fait de savoir qu’il peut pour l’instant annuler le mandat (tant que le mandant est capable d’exprimer sa volonté, il peut révoquer le mandat extrajudiciaire à tout moment, NDLR), le rassure. »

Voyez-vous le mandat extrajudiciaire comme une grande responsabilité ?

« Pas jusqu’à présent. Tant que mes parents sont en bonne santé et capables, ce mandat reste abstrait. Mais j’imagine que cette responsabilité prendra tout son sens lorsqu’ils ne seront plus aptes mentalement, même si les choses ne changeront pas vraiment pour moi en pratique. Je gère déjà tous leurs comptes aujourd’hui. »

Envisagez-vous d’établir un mandat extrajudiciaire pour vous ?

« Oui. J’ai perdu ma femme soudainement, il y a quelques années. Une telle épreuve fait réfléchir. À l’image de mes parents et de mon frère, la tranquillité d’esprit qu’offre un mandat extrajudiciaire est la principale raison qui me pousserait à en établir un maintenant. Que faire si je me retrouvais tout à coup dans le besoin ? Je ne veux pas imposer aux autres de choix importants. Ce type de mandat est une sécurité si je venais à tomber gravement malade. Je ne voudrais alors qu’une chose : profiter du temps qu’il me reste. Du temps que je ne souhaiterais pas perdre à régler des aspects que j’aurais pu anticiper. »

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