Sylvie Geurzen partage une maison avec ses parents et sa grand-mère: « On a beaucoup gagné en qualité de vie »

Crédit: Thomas De Boever

À dix minutes à pied du centre de Vilvorde, trois générations d’une même famille ont élu domicile à la même adresse. Au rez-de-chaussée, Nicole et Johan, récemment pensionnés. Au premier, leur fille Sylvie, 48 ans. Et au deuxième, sa grand-mère, Emilienne. Dans cette maison partagée, une nouvelle vie apaisée a commencé, avec la facilité d’être tout proches, le plaisir de se voir souvent et la satisfaction d’être chacun chez soi.

Nicole, 70 ans, n’en revient toujours pas. Depuis 3 ans, elle occupe avec son mari Johan, 50 ans de mariage en octobre, le rez-de-chaussée d’une jolie maison. Avec sa fille unique juste au-dessus et sa maman dans le studio du deuxième. Et sur ce gâteau, la vie a déposé une cerise à la saveur toute particulière pour Nicole : un jardin de 150 m² sur lequel ouvre une véranda lumineuse. Une famille de quatre chats y a aussi élu domicile. Quand il y a de la place pour trois générations, il y en a pour quatre. 

« Je n’aurais jamais osé en rêver » affirme Nicole. Car l’histoire de leur installation dans leur petit coin de paradis démarre par une mauvaise nouvelle, 4 ans plus tôt. L’immeuble où le couple, leur fille et la grand-mère louent chacun un appartement est mis en vente. Ils ont 6 mois de préavis. 

Quand le propriétaire peut-il mettre fin à un bail ?

Ce sont des jours difficiles et des nuits sans sommeil. Retrouver 3 appartements à louer dans un même immeuble ? Ils n’y croient pas et les loyers sont devenus exorbitants. Une maison de repos pour Emilienne, qui ne peut plus vivre seule, et 2 appartements proches pour le reste de la famille ? Financièrement trop lourd. Et Nicole a fait une promesse au décès de son papa, 6 ans plus tôt : elle gardera sa maman près d’elle. 

Alors germe une idée lumineuse. Johan et Nicole viennent de finir leur carrière d’employés et de toucher leur assurance-groupe. Cette somme, qu’ils comptaient transmettre plus tard à leur fille unique, pourquoi ne pas l’investir tout de suite dans une maison dont elle serait propriétaire et dont ils occuperaient une partie ? 

A chacun son indépendance

Toute la famille est emballée, à une condition : chacun devra avoir son indépendance. Sylvie et ses parents focalisent donc leurs recherches sur une maison à trois niveaux. Après 20 visites décevantes, ils trouvent la perle rare à Vilvorde. Une maison 2 façades, déjà aménagée en 3 logements séparés, proche des transports en commun. Avec un jardin – le premier de leur vie. Sylvie se souvient : « Le vendeur nous a dit : réfléchissez. J’ai dit à Papa : on va réfléchir à quoi ? Elle nous plaisait, on s’y sentait bien. On savait ce qu’on cherchait et on avait trouvé. »

Sylvie a la nue-propriété de la maison, ses parents en ont l’usufruit. « On ne sait jamais ce qui peut se passer » explique-t-elle. « Je peux rencontrer quelqu’un qui ne veut pas de mes parents, on peut être en désaccord… Comme usufruitiers, ils ne peuvent pas être mis à la porte. » 

Quelles sont les obligations des nue-propriétaires et des usufruitiers?

Crédit: Thomas De Boever

En 3 ans, la famille a reconstruit ses racines. Johan, qui avait du mal à marcher depuis un accident, a puisé dans ce nouveau départ un regain de mobilité et d’énergie, et progressivement refait tout le jardin. L’été, c’est là, entre les rosiers en fleurs et les chats qui se prélassent, qu’il attend Sylvie pour l’apéro quand elle revient du travail. Ensuite, Sylvie rentre chez elle : « Nous avons toujours été une famille très unie. Nous mangeons souvent ensemble le week-end, faisons nos courses ensemble… mais j’aime aussi être chez moi. » 

« Depuis la maison, j’ai un poids en moins sur les épaules » conclut Sylvie. « Je commençais à craindre ce qui se passerait pour ma grand-mère et mes parents dans quelques années. Je suis fille unique et je n’aurais pas pu financer trois places en maison de repos. Ici, ils pourront rester chez eux, avec une aide familiale si nécessaire. Et si je veux un jour louer une partie de l’habitation à un tiers, je pourrai le faire – avec l’autorisation de la commune, car il s’agit d’une maison unifamiliale. »

Texte: Sophie Dancot

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