Philippe et Dominique, couple en privé et au boulot!

Couple fusionnel, Philippe Berthet et Dominique David partagent aussi une passion et un métier, la bande dessinée. Ils travaillent dans le même atelier et parfois sur les mêmes planches. Et à l’occasion d’une grosse exposition, leur fille, également illustratrice, est aussi venue ajouter sa patte à leurs compositions.

La bande dessinée est un artisanat solitaire, même si parfois certains jeunes auteurs décident de partager pendant un temps le même atelier pour réduire les frais. Évidemment, quand l’amour s’en mêle, les priorités changent. Philippe Berthet et Dominique David réalisaient chacun leur série avant de vivre en couple sous le même toit. « Le privé d’Hollywood » pour lui et « Jimmy Boy » pour elle. « Quand Dominique est venue habiter avec moi, j’ai d’abord pensé installer son bureau dans une chambre inoccupée » confie Philippe. « Et moi j’avais peur de déranger son travail » ajoute Dominique. L’arrangement n’a pas tenu bien longtemps et après quelques mois, ils se sont tous deux retrouvés dans le même atelier. « Quand on est à deux dans la même pièce, ce n’est pas la même énergie » reprend Philippe. Il faut, par exemple, bien s’accorder sur la musique qu’on écoute ! Par la force des choses, la bande dessinée, leur passion commune, déborde des heures de travail. Des conversations au petit déjeuner aux sorties cinéma, tout est en lien avec le 9e Art.

Comme nous sommes tellement fusionnels, nous travaillons à la même table

« Comme nous sommes tellement fusionnels, nous travaillons à la même table qui, il faut bien le dire, est assez grande. Les jours où Dominique  doit s’absenter, je sens que ce n’est pas la même chose. » Leur première collaboration artistique remonte à la série « Pin-up » pour laquelle Dominique a créé le logo et dessiné les maquettes. Mais quand sa maman est frappée d’un AVC, un nouveau changement de priorités s’impose, elle s’absente régulièrement hors de Bruxelles et décide d’arrêter « Lipstick » sa série en cours. « Aucun éditeur n’aurait accepté d’attendre 3 ans pour un album. Alors j’ai proposé à Philippe de faire ses couleurs, ce qui me permettait de rester dans la BD de manière plus douce. » « Les couleurs d’un album me prendraient minimum 3 mois. Avec elle, je suis en confiance. Elle connaît mes dessins par coeur, je n’ai plus grand chose à lui dire du moment qu’elle respecte les logiques d’ambiance. » Créative dans l’âme, Dominique ne pouvait se satisfaire complètement de la mise en couleurs des planches d’un autre, même celles de Philippe.

Doucement, elle se lance alors dans l’aquarelle et les pastels. « C’est une manière pour moi de sortir  de la BD. J’avais besoin de me déconnecter pour explorer mon propre univers. » Et cette fois, elle quitte la table commune.  « Quand je fais mes pastels, j’aime bien avoir mon espace. J’ai besoin de mon intimité et je préfère même qu’il ne voie pas ce que je fais. »

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Dominique et Philippe vivent en cohabitation légale. Un juste milieu tant le mariage semblait pour eux un arrangement d’une autre époque. « Il est possible qu’on se marie un jour, et ce sera pour notre fille, mais on n’est pas pressés. » Le nez sur la planche à dessin, Philippe  ne s’est pas vraiment préoccupé de la postérité de ses planches comme l’ont fait certains de ses illustres collègues qui ont légué une partie de leur oeuvre à des fondations privées ou à des musées. Avec un haussement d’épaules, il signale que le sujet n’est pas encore à l’ordre du jour. Sur le plan administratif, le couple a dû ajuster ses statuts administratifs pour se conformer à leurs productions respectives. Si Philippe est toujours indépendant, Dominique y a renoncé. « Après 30 ans, j’ai été contrainte d’abandonner ce statut car mes rentrées étaient devenues trop faibles pour assumer les cotisations minimales, excessives pour les petits revenus! Je suis donc devenue «femme au foyer» et ma collaboration au travail de Philippe est désormais un soutien artistique et familial. » La grande exposition « Pin-up », présentée récemment à la Galerie Hubert & Breyne, était importante. En plus de tous les travaux réalisés en duo, le couple d’auteurs dessinateurs a pu compter sur l’appoint de leur fille et de son copain, également illustrateurs. « On a la chance d’avoir, sous le même toit, deux générations d’artistes et le mélange fonctionne bien. C’est chouette d’avoir leur avis et leurs critiques, un autre regard et une autre culture. » Philippe et Dominique n’ont pas encore réalisé la BD à quatre mains dont ils rêvent, mais ce n’est pas l’envie qui manque. « Il y a une dizaine d’années, j’ai commencé un scénario pour lui. Le portable où tout était archivé a été emporté dans un cambriolage. De quoi couper mon élan. Une BD représente un projet de longue haleine et je n’ai pas envie d’écrire un scénario de plus, j’ai envie de lui écrire quelque chose qu’on ne lui a jamais proposé. Il faut qu’il y ait de la magie » souligne Dominique.

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